Il existe dans nos abysses des courants si forts qu'ils peuvent nous renvoyer plus haut que la surface dont nous avions l'habitude. Il existe des forces qui nous permettent de briser les docilités dictées par nos "n+" comme il est bon ton d'écrire maintenant. Je vais repuiser encore dans mes veines jusqu'à les vider pour ceux que je vais aimer malgré ces tsunami et ces verres de vin répétés. Il en coûtera sûrement quelque chose : je perdrai ma femme, elle perdurera à vivre dans mes flammes, on s'aimera à se damner... qui sait. Mais je cracherai encore et toujours aux faces des abuseurs de pouvoir. Ils n'abreuveront pas ma soif de modestie et d'altruisme. Eux qui se pament de comprendre et de dessiner la vie des autres, eux qui se parent d'atours alpha pour séduire leurs femmes ou enfants qu'ils ont perdu il y a longtemps quand ils suivaient seulement le filon de l'aisance et de l'errance capitaliste. Eux qui miment une élégance et une culture alors qu'ils se complaisent dans l'étalage social et le qu'en-dira-t-on local. Eux qui emprisonnent les petites pensées dans des petits deux pièces et les inspirants dans des bibliothèques design au salon. Eux qui méritent qu'on se batte encore et encore pour les remettre à la place du bouchon dans le goulot d'une bouteille de vin à moitié vide. Eux que rien n'a rendu indispensable à part la haine et la méprise. Eux qui pianotent sur leur tablette et leur ordinateur de bord comme ils pianotent sur le corps de leurs amant(e)s. Mes profondes espérances ont la puissance de mes doléances, que vous en soyez témoins, ils devront s'agenouiller un soir ou l'autre de vent de noroît et balbutier qu'ils ne voulaient pas, qu'ils ne savaient pas, qu'ils ne sont que des individus comme les autres et alors au bout d'une nuit de répentis, de tremblements et de reconditionnement, nous aurons vaincu et nous pourrons clamer librement que la vie est juste et acceptable pour tous.