Appuyé sur un oreiller difforme, je scrute ton profil naissant. Tu chuchotes une chanson qui annonce ta nuit. La beauté du moment me fait rappeler la puissante émotion que j’encaissais en prenant ce virage au nord de la Thaïlande qui surplombait les plaines verdoyantes où s’usaient les cueilleurs. Tu laves mon monde pitoyable de ton humeur vagabonde et incendiaire. Au bout de ta deuxième reprise, j’ai fondu plutôt intérieurement, mais l’abondante émotion a doucement marqué le coin de mes yeux. Appuyé sur un oreiller difforme, las de trainer un porte-monnaie plus vide que ma vie, je me sens meilleur, un instant, en pleurant.